Blog

Se confiner…

Les désirs et la réalité

Il y a quinze jours, j’avais décidé de sortir de ma zone de confort ! Moi, qui travaille à la maison, je me trouvais trop isolée (ironique, n’est-ce pas ?)… J’avais décidé d’aller faire un voyage professionnel au Maroc, une semaine de dessin et de tissage dans un atelier de la Medina de Fès. Je m’étais fait un programme de travail en amont et en aval de ce voyage et j’étais plein d’une saine énergie ! Une exposition se préparait pour juillet… Tout était frémissant et quasi déjà printanier ! Ça c’était les désirs…

(suite…)

Dessiner…

La saturation des pixels

Durant des années, j’ai travaillé sur l’ordinateur, la tablette, les outils numériques… Véritable geek, j’avais la réputation d’être imbattable sur les logiciels de création graphique, on m’appelait pour choisir un antivirus, utiliser une tablette graphique, apprendre à se servir des calques sur photoshop, tracer des lignes dans illustrator, mettre en page dans inDesign, apprendre à se servir du stylet de l’iPad…

Jusqu’à l’overdose…

J’ai aimé ça. Vraiment… Je suis venue tard à l’ordinateur. Et je me suis plongée dans cet apprentissage avec gourmandise. Je me souviens des premières versions de photoshop ! Ah le kif ! C’était cool !

15 ans plus tard (un peu plus en vérité…), je n’en peux plus. L’ordinateur m’a séchée la créativité ! Car tandis que je m’échinais à maitriser ces puissants logiciels, Internet se développait et j’avais accès à tellement d’images (pinterest, instagram, Facebook et j’en passe…) que j’étais saturée de pixels.

Tangible et singulier

carnets – 2004-2006
carnet 2010 dédié à mon projet This is the Merci

Autrefois, j’avais des carnets de travail, des carnets de dessin. Je passais des heures à inventer des écritures imaginaires. Je me moquais d’y réussir. Et ces carnets que je trouvais souvent moches et imparfaits étaient pourtant l’expression de ma singularité. Ce que j’ignorais. (ce que tout le monde sait…)

J’ai fini par avoir peur de dessiner…

Prendre un chemin de traverse

Il m’a fallu décider de changer totalement de médium. Évacué l’ordinateur, remisée la tablette, vierges les carnets. Passons au fil… Allons vers l’essence de la matière. Un simple fil. Que peut-on en faire ? Comment le tisser ? Comment le broder ? Duite* après duite, j’ai apprivoisé le tissu (euh… tenté d’apprivoiser… c’est un animal sauvage… qui ne se laisse pas encagé…).

Et peu à peu, par ce chemin de traverse, je suis revenue dans la création… Cette intuition qu’il me fallait aller ailleurs m’a permis de revenir vers moi. Et du coup, de revenir à ma singularité et de m’autoriser à l’exprimer.

Les carnets de recherche sont réapparus sur ma table de travail et je passe désormais 75% de mon temps ailleurs que devant l’écran. Un temps frustrée par le fait que je n’arrivais pas à « anticiper » les tissages, j’ai fini par ressortir les feutres et les crayons et j’ai recommencé à dessiner… En laissant libre cours à mes gribouillis, j’essaye de m’inventer un langage, une parole, un chant…

carnet 2020

Tout ça pour dire que vous allez voir pas mal de ces pages couvertes de points, traits et lignes… Tant pis pour vous 😉 !

  • *Duite : Longueur de fil que la navette conduit d’une lisière à l’autre dans le tissage d’une étoffe.

Avancer…

Dans mon précédent article, je parlais du burn-out créatif… Je pense n’avoir écrit cet article que parce que j’étais sur le point d’en sortir. Durant les mois les plus durs de cette remise en orbite, j’aurais bien été incapable d’en démêler les nœuds et d’en parler, recuite dans un sentiment de culpabilité, d’impuissance et presque de rage…

Et puis finalement…

(suite…)