Bilan 2020 – Une année… somme toute…chargée…

Janvier… L’heure du bilan !
Evidemment, l’année 2020 aura été pour tout le monde une année particulière… Chacun y aura vécu quelque chose de spécial. Teasing : Ça a à voir avec un petit machin ridiculement petit, capable de mettre à l’arrêt la planète !

Du coup, je vais reprendre mois par mois ce qui me mène ici et maintenant ! Je vais écrire au présent de narration, c’est élégant 😉 !

Janvier – Février : l’atelier textile

En 2019, je commence à faire évoluer mon travail vers le textile. Le projet « Archipels » s’essouffle, j’ai besoin d’autre chose et de quelque chose de plus « transportable ». Les œuvres sont trop grandes et trop fragiles et elle me parle d’un moment de ma vie révolu.
J’ai envie de travailler avec la matière, une matière facile à se procurer, éventuellement récupérée, et qui ne nécessite pas de matériel informatique. Je commence alors à me doter de métiers envergueurs, je récolte et achète des fils de soie, de lin, de coton, de laine et je m’initie au tissage. La matière me galvanise. Mais c’est long, artisanal, et cela parait peu rentable…
Dans le même temps, on me propose de participer au Festival du Lin, en Normandie. Nous allons exposer dans une église, c’est extrêmement motivant, je suis enthousiaste !
Je travaille sur une belle pièce : « Murmuration », un long tissage de plus de 2 mètres, avec des incrustation de fils argentés, je réalise également des panneaux muraux tissés. J’essaye de prolonger la recherche entamée avec les Archipels au travers du textile. Le lien n’est pas évident, mais petit à petit, une production apparait qui pourrait répondre à mes questions…

Détail d’un panneau tissé de la série « Reflets »

Parrallèlement, je m’initie à la broderie… À la fin février, j’entame une autre approche avec la série « Reflets ». Enfin, je réalise également « le grand zéro », un livre unique, de type album japonais, toujours sur le thème de la murmuration. Une longue trame dessinée. C’est à ce moment-là que j’ai le projet de faire une résidence de création dans un atelier de tissage à Fès au Maroc. Le billet est réservé, je suis attendue et accueillie et je suis extrêmement enthousiaste.
Mais une vague rumeur de pandémie se répand… L’Italie est confinée.

Mars : Les choses se corsent

Au mois de mars, le temps vire à la pluie, mon bureau de Saint-Germain-en-Laye est inondé et je me remets au dessin d’observation avec l’idée d’y consacrer un peu de temps pendant ma résidence. Je me prépare pour le Maroc avec enthousiasme, mon programme est prêt (dessin le matin, tissage l’après-midi, bonheur le soir…), je suis prête ! Le monde, lui… Non…
Le 13 mars, je fais mon dernier dessin en exterieur, nimbée de la rumeur d’un confinement qui se confirme quelques jours plus tard.
Le voyage au Maroc tombe à l’eau pour cause de Covid-19. Mon billet ne sera même jamais remboursé…

Avril – Mai : Je slashe

Le dernier dessin en extérieur avant le confinement

Mon voyage étant annulé, le monde partant en vrille, je perds un peu pied. Je ne sais plus ce que je fais ni pour qui, ni pour quoi…
Du coup, j’intègre la biocoop « la chouette » de Montesson, dirigée par mon amie Virginie et où travaille mon coloc. J’y travaille 3 jours par semaine en tant que polyvalente. Je mets en rayon, je fais la caisse, de désinfecte les caddies, j’accueille les clients anxieux. Je suis une guerrière et une résistante ! Je prends ma mission très au sérieux😉 ! Les 4 autres journées sont consacrées au travail pour le studio et pour le tissage, mais la perspective de l’expo de juillet s’amenuise et ma motivation se délite… Je range la maison façon Marie Kondo… J’ai besoin de mettre de l’ordre dans mon chaos… Dépitée, je me remets au dessin, notamment numérique… Je ne sais plus trop dans quelle direction aller, mais je me laisse porter par mon inspiration…

Juin : Puisqu’on ne sait plus quoi faire, dessinons…

J’entame une série de dessin : « Bulles ». L’incommunicabilité est au cœur de ma recherche. Nous sommes sortis du confinement mais l’exposition du Festival du Lin est annulée. Je ne fais plus de tissage. Je m’interroge sur l’avenir de ma pratique. J’invente un personnage de BD, Gloria… Mais ne vais guère loin dans cette recherche… J’apprends beaucoup sur moi-même et j’essaye de comprendre où j’en suis. J’arrive à la conclusion que les choses se font d’elles-mêmes et qu’il est vain de vouloir forcer et les choses et sa créativité… Statu quo…

Juillet – Août : Gardons contact avec le monde

L’été est là, le virus semble nous laisser un peu de répit, la vie reprend, légèrement décalée… Je tente quelques trucs sur Instagram… Pour tuer le temps… Puis, les supprime. Je continue la série Bulles et refais quelques dessins de la série « Rêves dessinés ». Je pars en vacances en Bretagne, durant lesquelles je me repose totalement, ne dessine pas, ne pense même pas au travail…
Fin aout, Cataclysme personnel avec une rupture amoureuse et une rupture amicale. Je suis particulièrement chamboulée, mais combattive… Trés occupée de ma vie sentimentale et sociale, le dessin agit en tache de fond et me sert de béquille.

Septembre : Ardente

Complètement bouleversée sur le plan personnel, je me jette dans le travail. Je travaille ardemment en dessin et je fais aussi un peu d’animation..Je réalise le story board d’une BD en 3 jours. L’ampleur de ce que j’ai à apprendre m’apparait et je continue, mais avec circonspection… Syndrome de Dunning Kruger…
Sur le plan personnel, ça reste compliqué… Je gère les deuils… Seul le dessin m’apaise… Mais plus j’avance et plus je vois que je ne suis pas au niveau…

Octobre – novembre : Vivons !

Très perturbée par ma vie personnelle, ma vie professionnelle en prend un coup ! Je réalise pas mal de Rêves dessinés. Je continue de m’intéresser à la BD. Mais l’ampleur du travail à accomplir me déborde et je commence à faiblir…
Décembre : Revenons à nos moutons ! Deuxième rupture de l’année. On n’est plus à ça près 😉 ! Je prépare énormément de contenus pour Instagram à base d’archives. Je dessine moins. Le désir du tissage recommence à pointer le bout de son nez… Ne serait-il pas temps de s’y remettre ?

Décembre

Je comprends que je n’aboutirai pas ma BD. Je me déçois, mais j’accepte d’avoir fait un détour.
Je reprends le chemin de l’atelier et je me remets au travail…
Nous sommes en confinement 2. Forte de toutes mes réflexions précédentes, je décide d’examiner toute ma production et je reprends mon travail de tissage, de création textile et de broderie, là où je l’avais laissé…

J »évite toute résolution que je ne pourrais pas tenir… Et je décidé de laisser faire ce qui se fait !

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